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La cérémonie célébrée dans la tente de sudation (Inipi) est un culte de purification du corps et de l'esprit pratiqué par l'ensemble des tribus kayakistes, bien qu'il existe des variantes et des spécificités dans chacune d'entre elles. Il paraît que les sauvages du SaïD100 ont une pratique qui mériterait un article à part, mais je vais vous décrire ici la méthode de ma tribu Strasbourgeoise.
Les cérémonies d'Inipi s'organisent spontanément tout au long de l'année pour communier avec la rivière. Certaines sont associées à des moments bien précis du cycle calendaire, comme la période des hautes eaux dans les rivières corses ou lors de la cérémonie de la danse de la pluie. Pendant la saison des orages sur le massif des Cévennes par exemple, un rituel d'Inipi spécial peut être organisé à la demande des membres de la tribu pour acquérir la force nécessaire, qu'elle soit physique ou psychologique, pour franchir l'équerre du gouffre des meules.
Quel que soit le caractère ou la fonction de la célébration, le processus par lequel elle s'accomplit est très ritualisé et articulé autour des quatre éléments.
Les éléments doivent tout d'abord être pris en compte pour l'emplacement de la tente. L'Inipi devra être dressé en plein air, sur un terrain meuble et au bord d'une rivière ou d'un plan d'eau. Il est nécessaire aussi de faire un feu de camp à proximité.
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1 – Le feu
La première étape consiste à quérir des pierres qui seront ensuite chauffées dans un feu sacré, érigé et entretenu par le gardien du feu. Le nombre de pierres varie selon le motif de la tente à suer et selon la taille de la hutte mais prévoyez quand même plus de 2 pierres par équipier.
Lorsque nous les choisissons, ce ne sont que des pierres ordinaires; mais par la suite elles sont bénies. Dès lors, toute manipulation de ces pierres doit être accomplie avec le plus grand soin, le plus grand égard. Le gardien du feu qui apporte les pierres chauffées au centre de la hutte, doit veiller à effectuer tout cela d'une manière très positive.
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Hugo Sandrin notre maitre du feu.
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Un Inipi avec entrée face à la rivière Reuss
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2 – Le vent
La cérémonie se déroule à l'intérieur d'une tente en forme de dôme qui doit être préparée par le gardien de la tente pendant la chauffe des pierres. Pour la construction, on va d'abord chercher quatre branches souples dans un bois. Après avoir planté ces branches aux quatre points cardinaux, nous les plions et les attachons ensemble, de façon à former le dôme. Elles représentent ainsi les quatre vents.
Le sommet doit être à moins d'un mètre de haut, il faut tout juste pouvoir s'y tenir accroupis dedans. A savoir que plus il y aura d'espace vide lorsque les participants seront à l'intérieur et plus il y aura de perte de chaleur.
Au milieu de la hutte on creuse un trou qui est le centre de notre univers et on recouvre la charpente d'une bâche. Il serait dramatique que le vent d'un des points cardinaux puisse déranger la cérémonie. Pour cela, il faut être très attentif à l'isolation en plaçant des pierres au sol, à même la bâche sur les trois quarts de la tente. le dernier quart qui est face au feu servira de porte. Évitez aussi d'avoir à utiliser 2 bâches se chevauchant pour couvrir le dôme, les compères en s'installant risqueraient de les séparer.
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3 – L'eau
Le gardien de la tente placera à droite de l'entrée, des réserves d'eau (compter au minimum 1litre par personne).
Lorsqu'elles deviennent rouges de chaleur, les pierres sacrées, représentant l'âme des ancêtres ( une petite pensée à Cirotteau et les autres), sont transférées progressivement dans la tente de sudation. Les participants entreront à la suite de l'officiant et feront le tour du foyer dans le sens des aiguilles d'une montre.
L'officiant se trouvant ainsi au près de la réserve d'eau, il est chargé d'asperger les pierres, créant une vapeur extrêmement chaude ; mais son rôle est aussi de diriger le rite et de contrôler que tout se passe bien pour chacun.
Il fait de plus en plus chaud dans la loge et chacun ressent les effets dans son corps et dans son mental. Le corps se purifie en éliminant les toxines, et il appartient à chacun de transformer cette énergie dans son esprit pour que le corps supporte la chaleur et que l'on cesse d'y penser.
Quand la vapeur est épuisée, les participants quittent la loge et vont se laver dans la rivière. La température de l'eau n'aura pour eux plus aucune importance.
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Ablution dan l'eau bénite de la Stordalselva.
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Julien maitre de cérémonie pour l'occasion.
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4 – La terre
A la fin de la cérémonie, on ressent intensément l'énergie vitale autour de soi et en soi, plus forte, plus fraîche, renouvelée. Tel est le sens du rite de purification. On rendra hommage à la terre à ce moment là en partageant entre les participants le désirant une pipe sacrée de tabac parfumé.
Nous seront ainsi à ce moment certes épuisés, mais dans un état de bien-être et de sérénité complet. Après être allé au bout de ses émotions, on se sent apaisé, heureux de partager ce moment avec les autres, en qui on reconnaît la même force.
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Texte : Laurent GUYOT - Photos : Yannick Scius
Voici les textes qui m'ont inspiré pour écrire cet article :
http://www.letarot.com/huttes/index.html
http://www.ethnologie.chaire.ulaval.ca/index.php?id=26&pratiqueid=737&no_cache=1
Et d'autres liens sur les huttes de sudation :
http://surledosdelatortue.free.fr/20091SW1.htm
http://surledosdelatortue.free.fr/20092SW2.htm
http://fr.ekopedia.org/Hutte_de_sudation
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