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3frenchriders.com

 

Interview Stéphane Pion

 

 

 

« Stéphane, aujourd'hui 29 ans, papa d'un petit garçon, tu t'es qualifié pour l'équipe de France. Tu participeras, en mai, au championnat du monde de Kayak Freestyle au Canada. »

 

 

Intrw : « Pour toi, qu'est-ce que le kayak Freestyle ? »

 

Le kayak Freestyle est la discipline fun du canoë kayak. C'est une discipline de glisse où le kayakiste exécute des figures acrobatiques sur une vague ou dans un rouleau statique, formés par les rivières et les bassins artificiels.
Concrètement les embarcations sont très courtes (moins de 2 mètres) et ont des formes très prononcées pour exploiter au mieux les mouvements d'eau.

Imaginons maintenant une compétition de Freestyle !
Elle tend plus vers le rassemblement que la compétition proprement dite. En effet, les riders se déplacent non seulement pour une compétition mais aussi pour montrer leurs derniers mouv' et partager une bonne fête ensemble et avec les éventuels spectateurs.
Les juges sont là pour départager les concurrents, mais pas seulement : c'est eux qui jugent de la parfaite réalisation des figures !
Evidemment un public en délire, qui ne demande qu'à voir le kayakiste exécuter les figures les plus spectaculaires possibles, est plus que stimulant.

 

Intrw : « Que représente le Kayak pour toi ? »

 

Pour moi le kayak, c'est avant tout un sport d'évasion et de liberté, il fait partie intégrante de ma vie. Ce sport me permet de voyager en France comme à l'étranger et de rencontrer de nouvelles personnes.

 

 

Intrw : « A l'étranger ? Quels sont les trips que tu as faits ? Les images que tu en gardes ? »

 

Le kayak me permet de voyager beaucoup dans l'union européenne (Italie, Suisse, Autriche, Espagne, …), mais pour le moment, mon plus grand voyage a été le Canada en 2005. Des paysages magnifiques et des gens parfaits !

 

Intrw : « La pratique du Kayak s'est beaucoup démocratisée depuis plusieurs années ; comment as-tu commencé ce sport et qu'est-ce qui a déclenché cette passion ? »

 

J'ai commencé avec mon père ou plutôt derrière mon père. Je devais avoir 6-7 ans lorsque je suis monté derrière lui assis sur le kayak (le MINO : kayak en fibre qu'il a construit avec ses amis).

3 ans plus tard, il me construisait un petit kayak en fibre à ma taille où j'ai pu donner mes premiers « vrais » coups de pagaie sur les rivières de la Cure et du Chalaux.

Cette passion, je lui dois, il ne m'a jamais poussé à pratiquer ce sport, mais j'ai toujours voulu partir avec lui, car pour moi c'était l'aventure, de nouvelles rivières, se raconter la journée passée près d'un feu , dormir à la belle étoile, etc.

 

 

Intrw : « Tu as un fils. Es-tu impatient de lui apprendre les prémices du Freestyle ? »

 

Oui, mais une chose est sûre, je ne le pousserai pas dans la pratique de cette discipline.

Un peu comme moi avec mon père. Il est évident que je préférerais qu'il pratique un sport de pleine nature... C'est une question d'éthique ;-)

 

Intrw : « Où situes-tu la pratique du Freestyle ? »

 

Je considère le Freestyle comme un sport outdoor, mais c'est avant tout une ambiance festive et conviviale que l'on retrouve sur les manifestations nationales et internationales.

 

 

Intrw : « Qu'entends-tu par une ambiance festive et conviviale ? « drogue, sex and sun ? » »

 

Un peu comme au rugby la 3ième mi-temps : autour d'un verre (ou 2), à raconter ses exploits ou ses mésaventures pendant un trip ou la compet’ de la journée, avec une foule en délire qui ne demande que du nouveau son, apporté par les groupes de musique locaux.

Et finir à vomir dans les caniveaux... Oui, j'avoue, nous ne sommes pas les derniers fêtards... Les finales sont souvent le lendemain de la fête, et pourtant les derniers couchés ne sont pas forcément les derniers de la compet...

 

 

Intrw : « Comment anticipes-tu les risques que présente le Kayak ? »

 

Comment ça, des risques dans le kayak ? Il n'y a que de l'eau, on ne peut pas se faire mal !!!

Non sérieusement, comme dans de nombreux sports, les risques sont présents, mais l'entraînement, l'expérience et le respect de quelques principes de base permettent de les minimiser.

Il est important de souligner, qu'avant de naviguer sur de gros mouvements d'eau, la plupart d'entre nous avons pu pratiquer sur les nombreux spots français, sains et sans danger.

 

 

Intrw : « Justement les prochains mondiaux se dérouleront en Ottawa sur une vague s'appelant Bus Eater (voire Big Bus, selon les niveaux d'eau). Bus Eater veut dire la mangeuse de bus ; cela compte tenu de la taille de la vague... Comment appréhendes-tu la navigation sur ce type de vague ?

 

Pour le moment je n'ai vu que des vidéos de cette vague « qui m'a l'air bien fat » mais nous avons des vagues en France qui sont aussi grosses sur lesquelles je m'entraîne.

Une appréhension, non. Par contre j'ai hâte de la surfer !!!

 

 

Intrw : « As-tu un entraînement spécifique ? T'entraînes-tu tout seul ? »

 

Non, je pratique avec mes potes entre deux bières... Oui, bien sûr, surtout en ce moment car je me prépare pour l'Ottawa. De façon à préparer ces mondiaux, le Comité Régional de Bourgogne me fait suivre par un préparateur physique du centre d'expertise de la performance de Dijon, qui m'apporte une aide importante. Car la discipline étant jeune et pas forcément axée sur l'entraînement, mais plus le plaisir, la filière haut niveau n'en est qu'à ses prémisses. Cependant, le canoë kayak français est riche de 4 disciplines de haut niveau, et ça n'est pas un hasard si nous retrouvons des Français sur le podium des derniers championnats du monde.

Pour le bateau, je navigue avec les mêmes personnes qu'avant car c'est avec eux que j'en suis arrivé là ; mais c'est vrai que l'on est devenu un peu plus sérieux dans la façon de faire. De plus, avec les autres membres de l'équipe nous nous transmettons des infos sur les niveaux d'eau et nous nous retrouvons sur des grosses vagues françaises lorsqu'elles fonctionnent.

 

 

Intrw : «Tu navigues souvent en groupe. Pour toi qu'est-ce qui fait un groupe ? 

 

Malgré le fait que le kayak soit un sport individuel, le groupe reste important car il apporte motivation et sécurité.

 

 

Intrw : « Il semble que l'aventure ait commencée, avec les K'Leçon 1 Team et la Barbie Trash ! Mais c'est quoi ces noms, qui sont ces gens ? »

J'ai acheté mon premier kayak Freestyle il y a 5 ans (avec mon pote de l'armée « Remy »). J'ai commencé à naviguer à Charnay –lès-Chalon (une vague près de chez moi) où j'ai rencontré des personnes (la Barbie Trash avec Sylvain et Romain) qui m'ont initié à cette pratique.

Grâce à eux j'ai pu découvrir d'autres vagues plus grosses et d'autres personnes (comme la K'leçon 1 team avec Bebert, Boulox, Fabizor, Jean barc, etc..) avec qui j'ai évolué tout au long de ces années et avec qui je navigue toujours.

 

Intrw : « Justement c'est avec eux que tu t'es déplacé sur pas mal de compétitions ses dernières années. Quels sont les moments que tu retiendras ou les quelques anecdotes de kayakistes ? »

 

Il y a eu tellement de bons moments que ça serait trop long à expliquer.

Et pour les anecdotes, je vous invite à venir festoyer sur une compétition car c'est là qu'elles ressortent ;).

 

 

Intrw : « Bien sûr, tu n'as pas l’'expérience des grands athlètes, tu n'as pas encore donné le nom d'un seul de tes sponsors. Le kayak est pauvre et tu n'en as pas ou es-tu très humble ?»

 

Le matos pour la pratique de ce sport sont, bien entendu, le kayak et la pagaie pour cela BLISS-STICK kayak et H2O paddles (pagaie) m'aident pour pagayer ainsi que LANGER pour les vêtements de kayak.

Des grandes marques de vêtements s'intéressent de plus en plus aux sports de pleine nature. Le côté libre de ce sport m'a permis de décrocher un sponsoring avec ADIDAS qui m'aide aussi financièrement pour les mondiaux.

Ainsi que le Comité de bourgogne de canoë kayak, le Canoe kayak club Alain Colas (Clamecy) et la mairie de Clamecy.

 

Intrw : « Le kayak c'est sûrement bien mais c'est 24h/24 ou tu t'occupes de ton garçon ? Peut-être as-tu d'autres passions ? ‘le tuning, le safari ?»

 

C'est sûr le kayak me prend beaucoup de temps (surtout en ce moment), mais naviguer 24/24 c'est un coup à finir célibataire.

Lorsque ma journée de taf est finie, je m'occupe de mon petit garçon et je rénove ma maison dès que j'ai du temps de libre entre deux coups de pagaie.

Sinon, oui, j'ai d'autres passions comme le bricolage, la moto, le ski, et les sports outdoor en général.

 

 

Intrw : « Pour terminer, quels sont tes projets ? Champion du monde sûrement, mais ensuite ? »

 

 

Ne nous enflammons pas, champion du monde, je ne sais pas, on verra quand tout cela sera fini.

Ensuite pour les projets, on dira la routine, les compétitions nationales (www.FreeKayakTour.com) et internationales (coupe d'Europe).

Puis, voyager en France et à l'étranger, à la recherche de nouvelles rivières et de nouveaux spots avec mon fils et ma copine. ;)

 

 

Son expression favorite: « Aime la nature et la nature t'aimera »

 

 

 

Petite anecdote : "Pouet pouet"

 

Lors d'une compétition, les juges avaient instauré une nouvelle règle pour animer la manif du week-end

Cette règle consister, une fois dans la vague à épater ou faire rire les juges de façon à recevoir des points de bonus en plus.

Un type avait placé sur son casque un klaxon pouet pouet et pendant son run de qualification l'a utilisé, ce qui lui a valu des points de bonus.

 

Une fois les résultats des courses affichés, je vois que je suis 16ième alors qu'ils en prenaient 15 pour les ¼ de final et bien sûr juste devant moi c'était notre ami pouetpouet.

Ce qui m'a valu la place de pouet pouet !!!